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Suisse…stockage de l’énergie grâce à l’air comprimé

Suisse…stockage de l’énergie grâce à l’air comprimé

Dans un tunnel sous les Alpes suisses s’installe un système novateur destiné à stocker de l’électricité sous forme d’air comprimé. Un projet unique dans le monde qui pourrait donner un élan décisif aux énergies renouvelables. Et réaffirmer le rôle de la Suisse étant donné la batterie de l’Europe.

 

L’un des principaux défis du virage énergétique vers l’utilisation des sources d’énergie alternative est celui de conserver l’énergie excédentaire générée par les centrales solaires et éoliennes. Le soleil et le vent produisent de l’électricité irrégulièrement. Donc, parfois on est devant un excédent d’énergie durant des périodes de faible demande. Alors comment peut-on faire usage de celle-ci ?

La réponse de Giw Zanganeh, jeune ingénieur de l’École Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ), est basée sur l’utilisation de l’air comprimé. Plus précisément, le stockage de l’air dans des galeries et espaces creusés dans la montagne.

 

Comment fonctionne ce système ? Le processus est assez simple, selon le responsable d’Alacaes, un projet soutenu par le Bureau Fédéral de l’Energie. « Grâce à l’énergie excédentaire on peut faire un compresseur de pompage de l’air dans le tunnel. Dès qu’il y aura un besoin on inverse le flux et l’air comprimé actionne une turbine qui produit de l’électricité ».

 

Un tunnel en désuétude au nord de Biasca, dans le Tessin a été choisi pour la centrale énergétique du projet pilote d’Alacaes, qui a un coûté 4 millions de francs.  Il y a quelques années, il servait à transporter des matériaux de creusement du tunnel ferroviaire de base de St Gothard, inauguré récemment.

 

Processus de récupération de la chaleur

 

Des installations de stockage de l’énergie sous forme d’air comprimé (technologie CAES : Compressed Air Energy Storage) ne sont pas une nouveauté. Les premières ont été construites en Allemagne en 1978 et les secondes ont été mises en place aux États Unis et ce début des années 90. En ce qui concerne ces deux projets, réalisés dans des mines de sel, Biasca affiche rendement plus élevé, affirme Giw Zanganeh.  » Cela est dû à la récupération de la chaleur ».

 

Lorsque l’air comprimé, sa température augmente. C’est un phénomène physique. L’air peut atteindre 550°C. Une chaleur très élevé pour pouvoir stocker cet air sans danger. En Allemagne et aux États-Unis, cette chaleur se dissipe. Mais Giw Zanganeh a conçu un système pour la conserve cette énergie et de l’utiliser pendant la phase de conversion de l’air dans l’électricité, l’une des innovations du projet pilote de Alacaes.

 

Un système révolutionnaire mais à améliorer

 

Outre le faible impact écologique, recourir à l’air comprimé pourrait garantir l’approvisionnement de grandes quantités d’énergie pendant une période prolongée. Une exigence qui devient de plus en plus importante », a-t-il dit Maurizio Barbato, professeur à l’Institut CIM, pour la durabilité de l’innovation à la Haute Ecole spécialisée de la Suisse italienne.